Compte-Rendu de la rencontre repaira du 1ier Juin 2013

Liste des participants

Madeleine Ba, madeleineaba@hotmail.com,

Virginie Brisac, virginiebrisacfaar@yahoo.fr,

Chantale Fabre, chantannerie@gmail.com,

Hélène Fromont, he.fromont@laposte.net,

Anne Giraud, anne.giraud0850@orange.fr,

Pierre Gojat, pierre.gojat@orange-ftgroup.com,

Ana Lopez, abrigarte@yahoo.fr,

Claire Merlin, claire.merlin@merlinerie.com,

Anne Saguez, anne.saguez@hotmail.fr,

Iwona Stasiak, iwonastasiak@yahoo.fr,

Anne-Marie Szczurek, amarie.szczurek@free.fr,

Yaëlle Uzan Holveck, yael.holveckuzan@orange.fr,

Christophe Vandernotte, cvdnotte@club-internet.fr.

Déroulement de la rencontre

11 h  – 12h30

Tour de table

  • Nous avons accueilli Claire Merlin, diplômée du DHEPS de Paris 3 (Master 1) et d’un Master 2 de Paris VII. Ex salariée de France Télécom puis de Cap emploi, Claire intervient travaille actuellement au développement de sa propre structure dédiée à l’accompagnement des personnes handicapées à partir de leur histoire de vie – RECIT’H (http://recith.fr/).

  • Anne Giraud, diplômée du Master 2 de Paris 3, n’a pas pu participer aux rencontres Repaira de cette année pour des raisons professionnelles. Nouvellement retraitée du CNFPT, elle souhaite être de nouveau active dans le réseau et développer une activité autour de la recherche-action dans la région de Poitiers.

Echanges autour du portage salarial et des coopératives d’activités

  • Le portage salarial permet de développer son activité tout en ayant le statut de salarié moyennant le versement d’un pourcentage de son chiffre d’affaires à l’entreprise de portage. Les personnes présentes autour de la table utilisant ce dispositif semblent plutôt satisfaites (Claire Merlin chez Didaxis, Ana Lopez chez Linqs portage et Anne Saguez chez Job Assistance Mission).

  • Par ailleurs, Yaëlle Uzan Holveck a elle choisit COOPANAME qui est une coopérative d’activités pour développer son activité. Le principe est le même que celui du portage salarial, moyennant 10% de son chiffre d’affaires cela permet d’avoir le statut de salarié puis à terme soit de voler de ses propres ailes soit de devenir coopérateur. La philosophie des coopératives d’activité est plus proche de la recherche-action.

Projet de création d’une rubrique dédiée au genre sur le site de Repaira

  • Suite à la disparition brutale en avril dernier de Marie-Lise Semblat, qui était extrêmement impliquée sur la thématique du genre et la recherche-action. Il semble naturel que Repaira prenne le relais sur ce sujet en créant une rubrique sur le site internet du réseau d’ici la rentrée.

  • De plus, nous allons développer des liens plus étroits avec l’Association Aster international (http://www.aster-international.org/) dont elle était la présidente et qui a ces derniers temps fait appel à des membres du réseau pour des missions liées à la recherche-action.

Point sur participation au salon le Jardin des thérapies

  • De l’avis général des personnes présentes au salon, celui-ci a eu le mérite de nous permettre de nous situer par rapport aux praticiens du développement personnel présent. Cela nous a appris  à communiquer plus clairement et nous sommes maintenant prêts à participer à un autre salon d’une manière plus professionnelle.

12 h30  – 14h

  • Repas partagé.

14 h  – 14 h 30

Quelques nouvelles…

  • L’Association Aide et Action a organisé une journée d’étude autour du thème du Décrochage scolaire le 5 Juin (http://www.aide-et-action.org/). Mahfou Diouf, membre de repaira et salarié de cette association, a sollicité Christophe Vandernotte pour animer la table ronde de ce colloque.

  • La Poste a établi une charte de déontologie des coach intervenant pour elle. Cette charte fait référence au diplôme (document joint au compte-rendu). Un de nos objectifs de la rentrée est de devenir un acteur spécifique de référence dans ce domaine, entre autres choses à travers la construction de notre référentiel.

14 h  30 – 17 h

Pierre Gojat présente en primeur, une partie du travail qu’il a effectué dans le cadre de la préparation d’un ouvrage qu’il envisage de publier prochainement. Ce livre d’une centaine de pages sera intitulé : « Accompagner l’identité professionnelle ».

La présentation à l’aide d’un support par un livret de diapositives figure plus bas.

En préliminaire, une présentation est faite des définitions possibles de l’identité et de l’identité professionnelle en s’appuyant notamment sur les travaux du philosophe Paul Ricœur et des sociologues Claude Dubar et Renaud Sainsaulieu.

Le préliminaire met en avant le caractère imbriqué et indissociable des composantes identitaires personnelle et professionnelle.

La définition qui nous est proposée pour l’identité professionnelle consiste à prendre en compte quatre représentations :

A)      la représentation que nous avons de nous-mêmes au travail,

à Pour reprendre la formulation de Ricœur, cette représentation intègre « l’ensemble des identifications acquises par lesquelles de l’autre entre dans la composition de nous-mêmes. [...] Identification à des valeurs, des normes, des idéaux, des modèles, des héros dans lesquels la personne se reconnaît. » C’est aussi ce que C. Dubar[1] désigne par l’intériorisation active ou l’incorporation de l’identité par les individus eux-mêmes.

B)      la représentation que nous avons des autres au travail

à Cette représentation sert de socle à l’identification à un groupe et à une déclaration d’appartenance à ce groupe.

C)      la représentation que les autres ont de nous-mêmes au travail

à Cette représentation est constitutive d’une attribution ou, en d’autres termes, de la reconnaissance par autrui de l’appartenance à un groupe.

D)      la représentation que les autres ont d’eux-mêmes dans le même travail.

à Il s’agit de la composante d’identité professionnelle collective qui peut prendre différentes formes, l’identification au groupe, celui de l’atelier, de l’entreprise, de la corporation, des pairs, etc.

Figure 1 – les quatre représentations de l’identité professionnelle

En raison des effets que produit leur combinaison, il est nécessaire de réunir et de confronter les quatre représentations évoquées ci-dessus pour former la notion d’identité professionnelle. Qui plus est, il faut évoquer le fait que la résultante de ces quatre représentations n’est pas la somme des parties qui la constituent, ni même une synthèse plus ou moins enveloppante de celles-ci. Elle est spécifiquement le résultat d’une série de transactions[2], nourries d’altérations ou de magnifications qui s’effectuent entre les images créées en nous-mêmes par ces mêmes représentations.

Après avoir exposé les multiples activateurs susceptibles de déclencher des ruptures ou des crises identitaires, une présentation est faite de l’évolution des satisfactions au travail selon les âges de la vie.

Un atelier est proposé aux membres de Repaira à partir des questionnements suivants :

1)         Y a-t-il des avantages à changer d’identité professionnelle au cours de sa vie ?

  • Dans l’affirmative quels sont-ils ?
  • Si ce n’est pas le cas, pourquoi n’en n’y a-t-il pas ?

2)         Dans l’identité professionnelle des personnes que nous accompagnons quelle est la part d’intervention de leur choix personnel ?

  • Sur quelles caractéristiques professionnelles contribuant à la construction identitaire peut-on exercer son choix le plus facilement ?
  • Comment un accompagnateur peut-il parvenir à caractériser et à augmenter la capacité à choisir dont dispose la personne accompagnée à un moment donné ?

3)         Quelles sont les points clés sur lesquels un accompagnateur est en capacité d’intervenir pour l’aider à forger son identité ?

Des petits groupes ont été constitués pour nourrir les échanges et débats sous forme d’un atelier de travail.

Après restitution par chacun de ces groupes, il est possible de proposer la synthèse de ces travaux sous la forme suivante. Cette synthèse sera utilisée pour alimenter le projet du livre mentionné ci-dessus.

« L’accompagnement doit absolument prendre en compte le fait que l’identité professionnelle est dynamique. Elle peut évoluer sous l’effet de nombreux facteurs intrinsèques et extrinsèques. Nombreux sont les facteurs qui peuvent conduire le travailleur à solliciter un accompagnement. L’accompagnateur doit alors mettre en perspective la question soulevée par la personne accompagnée en étant capable de la situer par rapport à sa phase de vie de celui-ci, et donc de son âge.

L’identité professionnelle se transforme par choix ou par obligation, ou suite à une évolution qui se fait en fonction d’un contexte (par exemple un métier qui se transforme, une ouverture d’opportunité, etc.). Accepter de changer d’identité c’est accepter de conscientiser son identification et de la changer. C’est le sujet qui travaille à se rendre compte de ce changement qui lui arrive et qui travaille à réaliser ce vers quoi il veut aller.

La nécessité de changer de métier, d’être polyvalent est souvent nécessaire et peut être bien accueillie. Cependant, pour l’accepter il faut parfois pouvoir passer par l’apprentissage du vide, ce que les universités, les parents ne nous aident pas toujours à faire. Nous sommes portés à faire ce que l’on connait déjà à reproduire des modèles, des formats. Lors d’un changement professionnel ouvrir sur la créativité remet en jeu l’affectivité et la représentation de soi ce qui se passera d’autant mieux que l’on peut disposer d’un minimum de stabilité personnelle dans cette phase-là. La condition sine qua non à la réussite de cette transition c’est le besoin personnel ou externe, celui qui anime la personne et la passionne. Le changement d’identité professionnelle peut déclencher cette énergie, cette créativité, qui pourra remplir le vide si on se permet d’accepter la déconstruction de la permanence de l’identité professionnelle précédemment acquise. »

Bonnes Vacances à tous et à toutes !

Au plaisir de vous retrouver lors de la prochaine

rencontre repaira qui aura lieu

le samedi 28 Septembre de 11h à 17h


[1] in La socialisation p. 107

[2] C. Dubar propose de distinguer d’un côté les ‘transactions objectives’ entre identités attribuées/proposées d’une part et assumées incorporées d’autre part et d’un autre côté les ‘transactions subjectives’ entre identités héritées et identités visées. Cette typologie des transactions est bien entendu valide et particulièrement pertinente dans le champ des identités professionnelles.